POUR UNE ÉCOLE LIBRE AU QUÉBEC

Par Jean-Paul Bachand | samedi 03 décembre 2011

Voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.

Vendredi 2 décembre 2011

Menacée par l'école, la mère renvoie sa fille à l'école où elle vit le martyre, la fille se suicide

Menacée par la direction de l'école d'envoyer la DPJ (la prétendue Direction de la Protection de la jeunesse) au domicile parental, Chantal Larose n'aurait eu d'autre choix que de renvoyer sa fille, Marjorie Raymond, dans l'enfer quotidien de son école publique qui l'a finalement conduite au suicide.

La jeune Marjorie, 15 ans, s'est enlevée la vie lundi après des épisodes d'intimidations à répétition à l'école secondaire Gabriel-Le Courtois, à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie. « Je lui ai dit d'aller à ses cours. Je l'ai poussée dans la gueule du loup », a lâché la mère éplorée au Journal de Québec.

Menaces répétées de faire intervenir la DPJ

Inconsolable, Mme Larose a dit se sentir partiellement coupable du dénouement tragique de cette histoire. D'un côté, l'état de l'adolescente ne cessait d'empirer au cours des dernières semaines. « Elle ne faisait que dormir et pleurer. Elle n'était plus capable de se concentrer et ses notes étaient catastrophiques », a décrit Mme Larose. De l'autre, la direction de l'école agitait régulièrement la menace de l'envoi de responsables de la Direction de la protection de la jeunesse pour enquêter sur les absences répétées de la jeune fille.

Problème à l'école, pas à la maison

« Mais le problème n'était pas la maison. Il était à l'école », a ajouté la mère, encore sous le choc. En rentrant à la maison, lundi après-midi, après une journée de travail, Chantal Larose a d'abord pris ses messages téléphoniques. La direction de l'école lui annonçait une énième absence de sa fille. Elle a ensuite trouvé une lettre poignante de trois pages que son adolescente lui avait laissée sur la table de la cuisine. Paniquée, elle s'est dirigée vers le garage où elle a trouvé sa fille pendue. « J'ai été obligée de la décrocher devant ma petite fille de cinq ans. C'est déjà terrible que je trouve mon enfant comme ça, mais c'est encore plus terrible que la petite fille qui aimait tant sa grande sœur voie ça », a signalé la mère de famille, la gorge nouée par l'émotion.

Pourquoi ne pas faire l'école à la maison

On reste pantois devant l'acharnement de l'école qui menace à répétition la mère et ne voit qu'une manière d'assurer l'instruction de la jeune Marjorie. Pourquoi l'école devait-elle menacé la mère de Marjorie ? Pourquoi ne pas lui suggérer que sa fille apprenne à la maison, de manière temporaire d'abord, le temps de voir ce qui marcherait le mieux, de corriger les problèmes d'intimidation à l'école au besoin ?

Selon Chantal Larose, la direction de l'école a « pris à la légère cette histoire de harcèlement verbal et physique » que l'adolescente subissait depuis des années. « Elle ne voulait plus aller à l'école, fait-elle remarquer. La personne qui la harcelait avait sa petite clique. Ça se passait en classe, dans les corridors et dans la cour de l'école. »

Litanie habituelle de la part de la bureaucratie : « on manque de ressources »

Le président de la Commission scolaire des Chic-Chocs a réagi au suicide de Marjorie Raymond, la jeune fille victime d’intimidation pendant des années. Il avait l’air complètement dépassé par les événements. « C’est un problème de société, a-t-il dit à Jean-François Guérin, de LCN. On a besoin de plus d’argent pour combattre l’intimidation… »

Marjorie Raymond aurait pu être instruite à la maison pour éviter ces brimades répétées, ce qui économise de l'argent !

Mais comme le signale Richard Martineau

« Comment ça, plus d’argent ? Tu prends le p’tit qui fait régner la terreur dans la cour d’école, tu le fais venir dans ton bureau et tu lui dis : « Si tu recommences, il va y avoir des conséquences graves ! » Ça ne prend pas plus d’argent, ça. Ça prend du courage et de l’autorité, deux traits de caractère qui ne coûtent pas une maudite cenne. Dieu, que ça fait Ti-Québec, ça. « On a besoin d’une plus grosse enveloppe, c’est la faute du gouvernement, c’est un problème de société… » À force de rendre tout le monde responsable de tout, plus personne n’est responsable de rien. C’est toujours « la faute de la société » ou du gouvernemaman, pour employer l’expression de Joanne Marcotte.


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TRANSFORMONS NOS ÉCOLES

Par Jean-Paul Bachand | vendredi 02 décembre 2011

Le suicide de Marjorie Raymond est la pointe de l’iceberg. C’est le signe que nos enfants et adolescents sont malheureux à l’école. Il y en a qui sont très malheureux. Qui en viennent à haïr aller l’école, à avoir peur d’y aller. Qui tombent en grave dépression. Une école qui n’est plus adaptée à notre temps. Dépassée.

Pourquoi, jusqu’à aujourd’hui ne serait-il pas possible de transformer radicalement nos écoles traditionnelles ? De les transformer en dimension plus humaine, plus libre ? Divisée en petits îlots d’une douzaine d’élèves, qui établissent eux-mêmes leurs centres d’intérêts ? Où l’éducateur est disponible, observateur, un repère, un témoin ? Non un surveillant transmetteur de connaissances ? Où les élèves vont à l’école parce qu’ils aiment ça ?

La grande réforme en éducation des années soixante n’a rien amélioré, ne fonctionne pas. Les écoles des années quarante et cinquante pouvaient fonctionner jusqu’à un certain point parce qu’elles étaient encore de dimension humaine. Pourquoi ne pas en profiter pour transformer complètement les écoles primaires et secondaires ?

Nous ne transformons pas nos écoles parce que toute la société est fondée sur la punition. Skinner, le fondateur de la psychologie du comportement, l’a dit avant moi. La société croit que l’être humain naît mauvais. Jean-Jacques Rousseau, précurseur de la pédagogie moderne, disait : « L’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt. » Ben, voyons donc. C’est évident que l’homme naît mauvais. Mario Roy, dans son éditorial « Jeux de guerre » le démontre d’une façon convaincante dans La Presse du 1er décembre. : « Aucun lieu n’est plus cruel qu’une cour d’école. Ou plutôt si. Il y a ces champs de bataille du tiers-monde où les enfants transformés en soldats (…) sont bien souvent les plus durs, les plus brutaux, les plus déchaînés, les plus enthousiastes, les plus cinglés, des combattants… », dit-il.

C’est un raisonnement fort simpliste. Fondé sur la croyance populaire, ambiante depuis des millénaires, qui coupe court à tout raisonnement. Mario Roy nous parle d’enfants qui ont déjà fait un bon bout de chemin dans leur développement : des enfants qui ont déjà l’âge de raison.

Bien sûr, il y en a qui vont dire que les petits enfants sont égocentriques, menteurs, manipulateurs, qui sont le boss dans la maison ; qui sont des pervers (polymorphes) qu’il faut punir pour les empêcher de pousser tout croche.

Un nombre faramineux d’apprentissages ont été déjà faits par l’enfant, de sa conception jusqu’à son entrée en garderie. Une foule d’études ont été faites en psychologie pour démontrer que les bébés apprennent in utero les fondements de leur langue maternelle et paternelle, qu’ils y font même des mathématiques. Trouvant de tout maintenant sur Internet, tout un chacun peut aller vérifier ces dernières conclusions.

Si une paramécie, animal unicellulaire possède toute l’intelligence nécessaire à son fonctionnement, imaginez déjà toute l’intelligence d’un enfant qui vient de naître et sa capacité fulgurante d’apprendre.

Toute psychologie se centre sur l’importance primordiale du développement des premières années de vie. Jusqu’à dire « Tout se joue avant six ans ».

Les enfants ne naissent pas méchants, mais blessés par la société investie dans ses parents, de générations en générations. Des parents qui n’ont pas encore su s’opposer aux croyances millénaires de la foule.

Jean-Paul Bachand, psychologue


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Projet de Loi C-389 "Transgenre"

Par Jean-Paul Bachand | dimanche 28 août 2011

En tant que membre du "Ralliement identitaire" section Québec, voici un courriel que je viens de recevoir. À lire avec attention pour protéger notre avenir et celui de nos enfants.

Objet : [Nouvel article] Alerte - Projet de loi transgenre à Ottawa - Appelez votre député et des sénateurs Date : dimanche 28 août 2011 13:37 De : Le Monarchomaque À : Jean-Paul Bachand Conversation : [Nouvel article] Alerte - Projet de loi transgenre à Ottawa - Appelez votre député et des sénateurs

Alerte - Projet de loi transgenre à Ottawa - Appelez votre député et des sénateurs

Durandal | 28 août 2011 at 13:37 | Catégories : Conservatisme social | URL : http://wp.me/pAowO-F0

Je prends l'initiative de relayer ce communiqué du Réseau Chrétien de la Société Québécoise (RCSQ).

+++++

Depuis une semaine, nous vous proposons des articles sur le transgenre et la théorie du « gender » [voir cet article ainsi que celui-ci ]. Aujourd’hui, nous allons vous parler du Projet de loi C-389 proposé par le NPD [opposition officielle d'extrême-gauche].

[...] Ce projet propose d’amender la Charte canadienne des droits de la personne afin d’y inclure de vagues concepts tels que [...] « expression sexuelle », afin que de supposées offenses contre des individus de « genre trans » puissent être punissables par la loi.

En d’autres termes, ce projet de loi placerait l’identité sexuelle sur le même pied de légalité que l’identité raciale : un restaurant sans toilettes pour transgenre — ou encore qui refuserait à un homme « transgenre » d’utiliser les toilettes des dames — serait, aux yeux de la loi, coupable de discrimination [...]. De la même façon, suite à une baignade à la piscine publique, une mère qui utiliserait les douches pour femmes en compagnie de sa petite fille pourrait se retrouver nez-à-nez avec un homme nu qui se sent intérieurement plus à l’aise dans les douches pour femmes sous prétexte qu’il serait transgenre ! [C'est précisément ce que réclame le lobby gai. ] Il est à envisager que les écoles pourront enseigner la théorie du genre dès la maternelle , et possiblement même faire face à des poursuites si elles s’y refusent.

Lorsque la théorie du genre a commencé à faire parler d’elle on disait identifier 6 ou 7 genres différents. Aujourd’hui, on prétend en identifier 32 ! Ou cela s’arrêtera-t-il ? Si on officialise la reconnaissance de tant de genres, nous pouvons craindre que le statut simple d’hommes ou de femmes sera dilué jusqu’à la non-existence. Alors que le Projet de loi C-389 est présenté comme un moyen d’éliminer la discrimination envers les transgenre, il deviendra ironiquement un outil de persécution et de poursuites judiciaires pour quiconque s’opposera aux nouveaux "droits" des transgenres, tel un mandat pour une Inquisition visant à imposer son crédo. Voir la compilation de cas réels dans l’article La dictature du bâillon arc-en-ciel (II).

Le Projet de loi C-389 ressemble à une espèce d’éclosion de piété politique envers la religion de l’identité sexuelle : un projet qui se déguise en moyen d’offrir l’égalité à une minorité alors que dans les faits il assure que le droit des chrétiens de pratiquer leur religion entrera en conflit avec ce nouveau droit excessif des transsexuelles et transgenres.

L’expérience des dernières années nous a rendus témoins de l’enseignement homosexuel obligatoire dans les écoles alors que l’enseignement religieux en a été exclu. De même, nos garderies et CPE ont banni la reconnaissance du christianisme (jusqu’à l’interdiction d’identifier les personnages dans la crèche de Noël). Alors que notre identité est systématiquement éliminée des structures de base de la société, les « identités » des LBGT sont imposées.

Il est à prévoir que la Charte qui est censée protéger la liberté de conscience et de religion ainsi que la liberté de pensée, de croyance, d’opinion et d’expression diminuerait ces droits fondamentaux si l’on en venait à y inclure le projet de loi C-389. La nouvelle charte amènerait un conflit direct avec les nouvelles formes d’expressions plus « sacrées » ou « politiquement correctes » de l’identité du genre et l’expression du genre.

Le NPD a introduit ce projet de loi qui est passé en troisième lecture et qui s’est rendu devant le Sénat avant d’être mis sur la glace juste avant les élections de mai 2011. Cependant, la chaine Sun News nous apprenait le 15 août 2011 que le NPD veut réintroduire le projet de loi et que ce dernier a certaines chances de passer , selon des commentateurs. Il est impératif que les croyants [et tous les gens dotés d'un minimum de bon sens] se mobilisent pour faire pression envers leurs députés respectifs afin de contrecarrer ce projet de loi ! C’est pourquoi nous vous invitons à contacter votre député fédéral.

Pourquoi contacter son député ?

C'est le moyen le plus efficace pour faire bouger un gouvernement est d’appeler son député.

Pourquoi ? Parce que :

Les politiciens se basent sur le nombre d’appels pour voir si une vague est créée au sein de la population.

Les chefs de partis demandent aux membres de leur caucus s’ils ont reçu des appels à cet effet. Si oui, ils réfléchissent et écoutent. Cas échéant, ils passent les lois qu’ils veulent. Un appel mobilise le personnel des députés. Ainsi, ils sont moins efficaces et cela dérange les députés. Les appels les interpellent.

Les lettres et les courriels sont lus en diagonal ou carrément jetés.

Comment procéder pour contacter son député ?

1. Vous n’avez qu’à composer un des numéros suivants :

Région de Québec : 418-644-4545 Région de Montréal : 514-644-4545 Ailleurs au Québec : 1-877-644-4545 (sans frais)

2. Appuyez sur le chiffre 3. 3. Demander le nom et les coordonnées téléphoniques de votre député. 4. Si vous ne connaissez pas le nom de votre circonscription vous pouvez l’obtenir en leur donnant votre code postal. 5. Vous appelez le bureau de votre député. 6. Vous demandez à parler à votre député en utilisant les expressions monsieur ou madame. A) La préposée vous demandera pourquoi.

B) Vous lui dites selon votre choix que vous avez appris par les médias que ce projet de loi va être réintroduit, ce qu'il vise à faire et quelles seront ses .

C) Les plus polis vont tenter de vous rassurer ou vous demander vos coordonnées pour qu’un attaché politique vous appelle.

D) Les plus coriaces vont tenter de vous convaincre que votre demande n’est pas justifiée.

E) Rappelez-lui poliment que vous êtes un citoyen et que votre point de vue mérite d’être entendu.

7. Si après trois jours vous n’avez pas de nouvelles, rappelez de nouveau.

Combien d’appels font réagir un bureau ? Au moins trois appels par circonscription font réagir un bureau. Pour eux, c’est du travail non prévu qui va leur nécessiter du temps supplémentaire. C’est pourquoi il est important que vous fassiez parvenir à tous vos contacts ces précieuses informations.

Pensez spécialement à contacter les députés qui ont été réélus et qui n’avait pas voté sur le projet la dernière fois : la liste se trouve ici en bas de page .

Chaque appel fait une différence.

[...]

Et finalement vous pouvez faire comme a fait le député Bill Siksay et contacter des sénateurs. La liste se trouve en cliquant ici . Ensuite cliquez sur le nom d’un sénateur pour avoir ses coordonnées. [Contactez des sénateurs de votre province.]

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La gnose sexuelle de Jean-Paul II (Extrait)

Par Jean-Paul Bachand | jeudi 12 mai 2011

Je viens d'apprendre que mon livre « Dieu est Chair » (ce qui veut dire qu’il est HUMBLE) soutient depuis 1962 une position semblable à celle de Jean-Paul II quant à la sexualité en Dieu Trinitaire ! Et qu'il s'est fait ostraciser pour avoir soutenu de telles aberrations !

Le terme « bombe à retardement théologique » est d’ailleurs parfaitement exact, tant le chef de l’Église catholique d’alors, cela dit avec respect sans vouloir attenter à la haute valeur de sa personnalité et son rôle majeur du point de vue politique et le sens traditionnel de certaines de ses positions, affirma sans complexe au cœur de saint Pierre à Rome que « la sexualité est un chemin privilégié pour comprendre le mystère de l’être intime de Dieu à travers le don absolu de soi-même », insistant sur le fait de façon démentielle et impie, que « l’acte sexuel s’inscrit dans une véritable relation d’alliance qui constitue l’image par excellence des relations qu’entretiennent les trois personnes de la Trinité divine. Le Père, l’Amour donné ; le Fils, l’Amour reçu ; l’Esprit saint, l’Amour transmis. »

Jean-Paul II se risqua même à soutenir de façon délirante, en contradiction avec tous les enseignements de la tradition ascétique et mystique, sacralisant de manière inimaginable de la part d’un pontife l’acte sexuel. Il dira :

« L’homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement à travers sa propre humanité mais aussi à travers la communion de personnes que l’homme et la femme forment dès l’origine. » (Théologie du corps, 14/11/1979).

http://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/05/12/la-gnose-sexuelle-de-jean-paul-ii/


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Famille en mutation

Par Jean-Paul Bachand | mardi 12 avril 2011

Étude sociologique québécoise dont voici quelques extraits

Dossier : La Famille : une institution sociale en mouvance

Francine Descarries, Département de sociologie Christine Corbeil, École de travail social, Université du Québec à Montréal

Le Québec partage avec le reste de l'Occident des conditions sociales et économiques de développement qui ont entraîné au cours des récentes décennies une transformation profonde des valeurs, des normes et des structures familiales. Les caractéristiques de cette évolution et les facteurs qui en sont à l’origine sont largement documentées (Dandurand, 1988, 1992; CSF, 1991; CQF, 1996, 2001; Piché et Le Bourdais, 2003). Parmi les plus fréquemment évoquées, on retrouve la baisse de la nuptialité et la multiplication des types d'unions – mariage, union civile, union de fait –, la croissance des naissances hors mariage et de l'instabilité conjugale, la diversification des formes de familles : biparentale, monoparentale, recomposée, homoparentale, adoptive, et, enfin, l’accessibilité à la contraception, à l’interruption volontaire de la grossesse et la baisse de la natalité, qui instaure le modèle de la famille à un ou deux enfants. Causes et effets s’ajoutent à ces réalités démographiques : la dissociation normative et concrète qui s'instaure progressivement entre vie de couple et vie familiale, entre sexualité et procréation et entre engendrement et filiation, ainsi que le recentrement de la famille autour de l’enfant et de sa fonction relationnelle. La famille n’est plus dorénavant soumise aux aléas du " destin ", mais s’inscrit davantage dans une série d’actes délibérés d’où émane certes une architecture familiale complexe caractérisée par la pluralité des modèles de conjugalité, de parentalité et de filiation, mais également " une meilleure maîtrise de la vie adulte " (Dandurand, 2001 : 89).

De même, dans la foulée de la participation massive des femmes au marché du travail et ce, même lorsqu'elles sont mères et responsables de jeunes enfants, le modèle conjugal dominant du mari-pourvoyeur et de l'épouse-ménagère perd son hégémonie. Celui-ci laisse progressivement place à l’expression de nouveaux modes de parentalité (Le Gall et Bettahar, 2001) et favorise un élargissement du territoire de la paternité (Dulac, 1999, 1993; Marcil-Gratton, 2003). Parallèlement, bien que la famille continue à occuper une place prépondérante dans la trajectoire de vie des femmes québécoises, elle ne représente plus pour autant leur unique lieu d'accomplissement personnel et social. Cela dit, il demeure que la majorité des familles hétérosexuelles, malgré des changements notables, se présentent encore aujourd’hui sous les traits d'une organisation sociale des rapports de sexe façonnée à l'aune d'un rapport asymétrique et inégal entre hommes et femmes, particulièrement en ce qui concerne le partage des responsabilités et des tâches lorsque intervient la prise en charge des enfants (Corbeil et Descarries, 1997; Descarries et Corbeil, 2002).

Nulle part ailleurs en Occident, comme le soulignait Patrick Festy (1985), le changement des comportements familiaux et reproductifs des individus n'a été vécu de façon aussi spectaculaire. Pour bien saisir le sens et la portée de ces transformations dans les modèles de vie familiale, il faut les mettre en parallèle avec l'évolution de la société québécoise. (…)

  1. J’me marie, j’me marie pas (…)
  2. Le règne du mariage légal et indissoluble tire à sa fin (…)
  3. La monoparentalité vécue au féminin (…)
  4. Des familles de un ou deux enfants

La sur-fécondité des Québécoises au XIXe siècle avait assuré à la province, pendant de nombreuses générations, une croissance naturelle stable. Avec un taux de fécondité de 6,3 enfants pour les femmes nées en 1845, et de 4,8 enfants pour les femmes de la génération suivante, les Québécoises se retrouvaient parmi les femmes les plus fécondes en Occident (Collectif Clio, 1992 : 184). À l’aube du XXIe siècle, la situation est tout à fait inversée : le taux de fécondité des Québécoises est dorénavant un des plus faibles au monde, se situant à 1,47 en 2001 (Duchesne, 2002 : 15). Corollaire de cette tendance, la taille des familles québécoises ne cesse de décroître depuis 40 ans, passant de 4,2 personnes par famille en 1951 à 2,9 en 1996. En 1986, le nombre moyen d'enfants par famille était de 1,83 ; il est de 1,75 en 1996 (Québec, 1999: 76, 95). Dans ce contexte, les familles de trois enfants ou plus ne représentent que 16,3% de l'ensemble des familles avec enfants de moins de 25 ans au Québec en 1996, alors que cette proportion était de 26,1% en 1981 et de 45,8% en 1951 (Québec, 1999). En contrepartie, depuis 1996, les familles avec un seul enfant sont majoritaires. Elles représentent 42,1% de l'ensemble des familles par comparaison à 41,4%, pour les familles à deux enfants. En 1981, ces proportions étaient respectivement de l'ordre de 34,9% et 39%, et en 1951 de 29,6% et de 24,6% (Québec, 1999). Au Québec, il va sans dire, l'inquiétude qu'engendre, à divers niveaux, ce " choc démographique " prend une signification sociopolitique particulière puisqu'il pose la question de sa survie comme seule enclave francophone d'Amérique du Nord. Les conséquences anticipées pour la société québécoise vont du vieillissement à l'extinction, en passant par l'assimilation culturelle et linguistique au reste de l'Amérique. (…)


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