Deux textes de Léandre Bergeron sur "l'obligation de la liberté"

Par Jean-Paul Bachand | samedi 16 octobre 2010
Tags: École prison

« L’école est une vraie prison »

Léandre Bergeron, auteur, boulanger et ex-enseignant, considère l’école comme un lieu de cloisonnement. C’est l’une des raisons qui l’ont poussé à éduquer ses trois filles à la maison.

http://lafrontiere.canoe.ca/webapp/sitepages/content.asp?contentid=138967&id=247

« For The Children’s Sake »

Translated from French by Pamela Levac (foreword by John Taylor Gatto)

A journal that chronicles a fascinating year in the life of a rural Quebec radical unschooling (life learning) family. Bergeron is a well-known author and activist who has long advocated for educational, political and social reform. And this book details many of his principles, while providing an inspirational look at how three young girls learn by living. Read an article the author wrote for Natural Life magazine in 1995 and an excerpt from the book that we recently published. Go here for more information about the book and to order online.

http://www.naturallifemagazine.com/9504/natchild.htm

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Famille en mutation

Par Jean-Paul Bachand | mardi 12 avril 2011
Tags: Mutation

Étude sociologique québécoise dont voici quelques extraits

Dossier : La Famille : une institution sociale en mouvance

Francine Descarries, Département de sociologie Christine Corbeil, École de travail social, Université du Québec à Montréal

Le Québec partage avec le reste de l'Occident des conditions sociales et économiques de développement qui ont entraîné au cours des récentes décennies une transformation profonde des valeurs, des normes et des structures familiales. Les caractéristiques de cette évolution et les facteurs qui en sont à l’origine sont largement documentées (Dandurand, 1988, 1992; CSF, 1991; CQF, 1996, 2001; Piché et Le Bourdais, 2003). Parmi les plus fréquemment évoquées, on retrouve la baisse de la nuptialité et la multiplication des types d'unions – mariage, union civile, union de fait –, la croissance des naissances hors mariage et de l'instabilité conjugale, la diversification des formes de familles : biparentale, monoparentale, recomposée, homoparentale, adoptive, et, enfin, l’accessibilité à la contraception, à l’interruption volontaire de la grossesse et la baisse de la natalité, qui instaure le modèle de la famille à un ou deux enfants. Causes et effets s’ajoutent à ces réalités démographiques : la dissociation normative et concrète qui s'instaure progressivement entre vie de couple et vie familiale, entre sexualité et procréation et entre engendrement et filiation, ainsi que le recentrement de la famille autour de l’enfant et de sa fonction relationnelle. La famille n’est plus dorénavant soumise aux aléas du " destin ", mais s’inscrit davantage dans une série d’actes délibérés d’où émane certes une architecture familiale complexe caractérisée par la pluralité des modèles de conjugalité, de parentalité et de filiation, mais également " une meilleure maîtrise de la vie adulte " (Dandurand, 2001 : 89).

De même, dans la foulée de la participation massive des femmes au marché du travail et ce, même lorsqu'elles sont mères et responsables de jeunes enfants, le modèle conjugal dominant du mari-pourvoyeur et de l'épouse-ménagère perd son hégémonie. Celui-ci laisse progressivement place à l’expression de nouveaux modes de parentalité (Le Gall et Bettahar, 2001) et favorise un élargissement du territoire de la paternité (Dulac, 1999, 1993; Marcil-Gratton, 2003). Parallèlement, bien que la famille continue à occuper une place prépondérante dans la trajectoire de vie des femmes québécoises, elle ne représente plus pour autant leur unique lieu d'accomplissement personnel et social. Cela dit, il demeure que la majorité des familles hétérosexuelles, malgré des changements notables, se présentent encore aujourd’hui sous les traits d'une organisation sociale des rapports de sexe façonnée à l'aune d'un rapport asymétrique et inégal entre hommes et femmes, particulièrement en ce qui concerne le partage des responsabilités et des tâches lorsque intervient la prise en charge des enfants (Corbeil et Descarries, 1997; Descarries et Corbeil, 2002).

Nulle part ailleurs en Occident, comme le soulignait Patrick Festy (1985), le changement des comportements familiaux et reproductifs des individus n'a été vécu de façon aussi spectaculaire. Pour bien saisir le sens et la portée de ces transformations dans les modèles de vie familiale, il faut les mettre en parallèle avec l'évolution de la société québécoise. (…)

  1. J’me marie, j’me marie pas (…)
  2. Le règne du mariage légal et indissoluble tire à sa fin (…)
  3. La monoparentalité vécue au féminin (…)
  4. Des familles de un ou deux enfants

La sur-fécondité des Québécoises au XIXe siècle avait assuré à la province, pendant de nombreuses générations, une croissance naturelle stable. Avec un taux de fécondité de 6,3 enfants pour les femmes nées en 1845, et de 4,8 enfants pour les femmes de la génération suivante, les Québécoises se retrouvaient parmi les femmes les plus fécondes en Occident (Collectif Clio, 1992 : 184). À l’aube du XXIe siècle, la situation est tout à fait inversée : le taux de fécondité des Québécoises est dorénavant un des plus faibles au monde, se situant à 1,47 en 2001 (Duchesne, 2002 : 15). Corollaire de cette tendance, la taille des familles québécoises ne cesse de décroître depuis 40 ans, passant de 4,2 personnes par famille en 1951 à 2,9 en 1996. En 1986, le nombre moyen d'enfants par famille était de 1,83 ; il est de 1,75 en 1996 (Québec, 1999: 76, 95). Dans ce contexte, les familles de trois enfants ou plus ne représentent que 16,3% de l'ensemble des familles avec enfants de moins de 25 ans au Québec en 1996, alors que cette proportion était de 26,1% en 1981 et de 45,8% en 1951 (Québec, 1999). En contrepartie, depuis 1996, les familles avec un seul enfant sont majoritaires. Elles représentent 42,1% de l'ensemble des familles par comparaison à 41,4%, pour les familles à deux enfants. En 1981, ces proportions étaient respectivement de l'ordre de 34,9% et 39%, et en 1951 de 29,6% et de 24,6% (Québec, 1999). Au Québec, il va sans dire, l'inquiétude qu'engendre, à divers niveaux, ce " choc démographique " prend une signification sociopolitique particulière puisqu'il pose la question de sa survie comme seule enclave francophone d'Amérique du Nord. Les conséquences anticipées pour la société québécoise vont du vieillissement à l'extinction, en passant par l'assimilation culturelle et linguistique au reste de l'Amérique. (…)


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POUR UNE ÉCOLE LIBRE AU QUÉBEC

Par Jean-Paul Bachand | samedi 03 décembre 2011
Tags: Intimidation École à la maison

Voué à la promotion d'une véritable liberté scolaire au Québec, pour une diversité de programmes, pour une plus grande concurrence dans l'enseignement.

Vendredi 2 décembre 2011

Menacée par l'école, la mère renvoie sa fille à l'école où elle vit le martyre, la fille se suicide

Menacée par la direction de l'école d'envoyer la DPJ (la prétendue Direction de la Protection de la jeunesse) au domicile parental, Chantal Larose n'aurait eu d'autre choix que de renvoyer sa fille, Marjorie Raymond, dans l'enfer quotidien de son école publique qui l'a finalement conduite au suicide.

La jeune Marjorie, 15 ans, s'est enlevée la vie lundi après des épisodes d'intimidations à répétition à l'école secondaire Gabriel-Le Courtois, à Sainte-Anne-des-Monts, en Gaspésie. « Je lui ai dit d'aller à ses cours. Je l'ai poussée dans la gueule du loup », a lâché la mère éplorée au Journal de Québec.

Menaces répétées de faire intervenir la DPJ

Inconsolable, Mme Larose a dit se sentir partiellement coupable du dénouement tragique de cette histoire. D'un côté, l'état de l'adolescente ne cessait d'empirer au cours des dernières semaines. « Elle ne faisait que dormir et pleurer. Elle n'était plus capable de se concentrer et ses notes étaient catastrophiques », a décrit Mme Larose. De l'autre, la direction de l'école agitait régulièrement la menace de l'envoi de responsables de la Direction de la protection de la jeunesse pour enquêter sur les absences répétées de la jeune fille.

Problème à l'école, pas à la maison

« Mais le problème n'était pas la maison. Il était à l'école », a ajouté la mère, encore sous le choc. En rentrant à la maison, lundi après-midi, après une journée de travail, Chantal Larose a d'abord pris ses messages téléphoniques. La direction de l'école lui annonçait une énième absence de sa fille. Elle a ensuite trouvé une lettre poignante de trois pages que son adolescente lui avait laissée sur la table de la cuisine. Paniquée, elle s'est dirigée vers le garage où elle a trouvé sa fille pendue. « J'ai été obligée de la décrocher devant ma petite fille de cinq ans. C'est déjà terrible que je trouve mon enfant comme ça, mais c'est encore plus terrible que la petite fille qui aimait tant sa grande sœur voie ça », a signalé la mère de famille, la gorge nouée par l'émotion.

Pourquoi ne pas faire l'école à la maison

On reste pantois devant l'acharnement de l'école qui menace à répétition la mère et ne voit qu'une manière d'assurer l'instruction de la jeune Marjorie. Pourquoi l'école devait-elle menacé la mère de Marjorie ? Pourquoi ne pas lui suggérer que sa fille apprenne à la maison, de manière temporaire d'abord, le temps de voir ce qui marcherait le mieux, de corriger les problèmes d'intimidation à l'école au besoin ?

Selon Chantal Larose, la direction de l'école a « pris à la légère cette histoire de harcèlement verbal et physique » que l'adolescente subissait depuis des années. « Elle ne voulait plus aller à l'école, fait-elle remarquer. La personne qui la harcelait avait sa petite clique. Ça se passait en classe, dans les corridors et dans la cour de l'école. »

Litanie habituelle de la part de la bureaucratie : « on manque de ressources »

Le président de la Commission scolaire des Chic-Chocs a réagi au suicide de Marjorie Raymond, la jeune fille victime d’intimidation pendant des années. Il avait l’air complètement dépassé par les événements. « C’est un problème de société, a-t-il dit à Jean-François Guérin, de LCN. On a besoin de plus d’argent pour combattre l’intimidation… »

Marjorie Raymond aurait pu être instruite à la maison pour éviter ces brimades répétées, ce qui économise de l'argent !

Mais comme le signale Richard Martineau

« Comment ça, plus d’argent ? Tu prends le p’tit qui fait régner la terreur dans la cour d’école, tu le fais venir dans ton bureau et tu lui dis : « Si tu recommences, il va y avoir des conséquences graves ! » Ça ne prend pas plus d’argent, ça. Ça prend du courage et de l’autorité, deux traits de caractère qui ne coûtent pas une maudite cenne. Dieu, que ça fait Ti-Québec, ça. « On a besoin d’une plus grosse enveloppe, c’est la faute du gouvernement, c’est un problème de société… » À force de rendre tout le monde responsable de tout, plus personne n’est responsable de rien. C’est toujours « la faute de la société » ou du gouvernemaman, pour employer l’expression de Joanne Marcotte.


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